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Dictionnaire du Moyen Français    Settings    Browse  |  Collate      

pb 94 vaux Cordelliers ou le conte estoit logiéz, et devoit aler disner quant tous ses compaignons, qui estoient plus de sept cens uns et autres, entrerent en la court. Sy demanderent le conte. Il yssy hors de sa chambre et vint en la salle parler a eulx. Adonc s’avancierent tous les chevaliers qui la estoyent et Soustree tout devant, qui remonstra de bon visaige la parolle et dist: "Monseigneur, vous nous avés, nous qui sommes ycy venuz en vostre presence, et encores asséz d’autres qui sont la hors, mis hors de nostre nacion d’ Angleterre, et estes nostre chief, et de noz gaiges dont nous n’en avons nulz euz, nous ne nous en devons traire ne prendre fors a vous, car pour le roy de Portingal nous ne feussions jamaiz venuz en ce paÿs ne en son service se vous ne nous deussiéz payer. Et se vous vouléz dire que la guerre n’est pas vostre, mais au roy de Portingal, nous nous payerons bien de noz gaiges, car nous courrons ce paÿs et puis en ayt qui avoir en pourra." "Soustree," dist le conte, "je ne dis mye que vous ne soyéz paiéz, mais de courre ce paÿs vous me feriés blasme, et au roy d’Angleterre aussi, qui c’est par alliances conjoins avecques le roy de Portingal." "Et que vouléz vous," dist Soustree, "sire, que nous facions?" "Je vueil", dist le conte, "que vous prennéz trois de noz chevaliers, un Angloys, un Gascon et un Allemant, et ces trois s’en voysent a Lusebonne, et lui remonstrent ceste besoingne et le longtain payement que le roy fait aux compaignons. Et quant vous l’en aurés sommé, lors aréz vous mieulx cause de faire vostre entente." "Par ma foy," dist le Chanoine de Robertsart, "monsseigneur dist bien et si parle saigement et vaillamment." A ce derrain propos s’accorderent, mais pour ce n’osterent ilz pas le pennon saint George, et distrent, puis qu’ilz l’avoient levé d’un accord en Portingal, point ne l’abbatroyent stant qu’ilz y seroient. Adonc furent ordonnéz ceulx qui yroyent en ce voyaige devers le roy. Si furent nominéz messire Guillaume Helmon par les Angloys, messire Thomas Symon pour les estrangiers, c’est assavoir pour les Allemans, et le sire de Chastel Neuf pour les Gascoings.

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Ces trois chevaliers dessus nomméz exploittierent tant qu’ilz vindrent a Lusebonne et trouverent le roy qui leur fist bonne chiere et leur demanda des nouvelles et que les compaignons faisoyent. "Monseigneur," respondirent ilz, "ilz sont tous en bon point et chevaucheroyent voulentiers et emploieroient la saison autrement qu’ilz ne font, car le longtaing sejour ne leur est mie aggreable." Adonc dist le roy: "Et je en leur compaignie, et se leur direrés depar moy.""Monseigneur," dist messire GuillaumesHelmon, "nous sommes cy envoyéz depar eulx et chargiéz que nous vous disions que depuis qu’ilz vindrent en ce paÿs, ilz n’ont eu prest ne payement nul de vous ne depar vous, dont ilz vous mandent generaulment par nous qui sommes cy envoyéz, que ce n’est pas asséz, car qui veulst avoir l’amour et le service des gens d’armes, il les fault autrement payer que vous n’avéz fait jusques a ores. Et s’en sont souffert un grant temps pour la cause de ce qu’ilz ne savoient point en quoy il tenoit, et en ont encoulpéz noz cappitaines, dont la chose a présques mal alé, mais ilz s’en sont excusé parpb 95 r

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