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Dictionnaire du Moyen Français    Settings    Browse  |  Collate      

pb 183 vl’un a l’autre, et tout ce soit tenu en secret. Car, se les hommes de ceste ville savoyent que nous les voulsissions laissier, ilz feroyent pour eulx sauver, leurs femmes et leurs enffans et le leur, aucun traictié mauvaiz pour nous au roy de France, et nous rendroyent, parmy tant ilz demourroyent en paix, et nous mourrions tous. Mais je les en garderay bien, nous nous tenrons tous ensemble, et yrons autour de la ville veoir le gait, et mettrons hommes et femmes ens ou moustier, et leur dirons que nous les mettons la pour la cause de ce que a l’andemain matin nous devons avoir l’assaut, et dirons a ceulx du gait a mienuit, quant je feray ouvrir la porte, que nous ystrons pour aler resveiller l’ost. Quant nous serons aux champs, nous en yrons a quoitte d’esperons a Gand, ainsi n’aurons nous garde des Françoys." Ceulx de son conseil respondirent: "Vous avéz bien parlé." Adonc s’ordonnerent ilz sur cest estat et firent le soir trousser toutes leurs bonnes choses, et mistrent femmes et enffans, prisonniers et prisonnieres, dedens le moustier, et proprement ilz y firent entrer les dames chevalleresces qui la estoient, madame de Douzelles, madame d’Ecornéz, madame de Hezbete et autres, et leurs damoisselles, et leur distrent: "Nous vous mettons cy pour la cause de ce que demain nous devons avoir un trop grant assault, sy ne voulons pas que vous vous esbahissiéz du trait et des canons." Tous et toutes s’i appaysierent, et cuidierent qu’il feust ainsi. Avecques tout ce, aprés jour faillant, Françoys Acremen et sa route alerent aurour de la ville pour veoir le gait, et n’y avoit en ce gait nul Gantoys, fors ceulx de la ville. Sy leur dist Françoys: "Faittes anuit bon gait, et ne vous partéz point des creneaulx pour chose que vous ouéz ne voyéz, nous devons de matin avoir l’assaut, mais je vueil celle nuit aler resveiller l’ost." Il estoit creüz de sa parolle, car tous cuidoient que il desir voir.

Quant François ot ainsi fait et ordonné, il s’en vint en la place ou tous leurs chevaulx estoyent ensellés. Françoys et les Gantoys monterent et yssirent hors par la porte devers Gand, et se mistrent au chemin. Ilz n’orent pas la ville esloingnee d’une lieue, quant il fut jour, et ce parceurent ceulx du Dam que Françoys Acremen et les Gantoys s’en aloyent. Adonc se tindrent ilz pour deceuz, et commencierent les cappitaines de la ville a traittier devers les gens du roy, et disoyent que ilz avoyent le soir occis Françoys Acremen.

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Quant plusieurs gens de la ville du Dam parceurent que Françoys Acremen et les Gantoys s’en aloyent sans retourner et que la porte estoit ouverte, sy se mistrent aussy au chemin, chascun aprés eulx qui mieulx mieulx, on sceut ces nouvelles en l’ost, plusieurs gens, Bretons et Bourgoingnons par especial qui desiroient a gaingner, monterent sus leurs chevaulx, et se mistrent en chace et poursuivirent les Gantoys jusques a deux lieues de Gand. Sy en y ot des fuians occis grant foyson et prins plus de cinq cens, mais en ceulx la y ot petit de Gantoys, fors que de ceulx du Dam qui s’enfuioyent, et entrementes on assailloit la ville ou point de pb 184 r

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