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pb 93 v pardonner." Nonobstant toutes ces choses, le roy commanda que on le meyst en prison et y fut mys, et y demoura tant que le conte de Cantebruge l’en fist delivrer, quant il vint a Lusebonne. Vous orrés sur quel estat.

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Aprés ce que ces Angloys et Gascons ings furent de leur chevauchee retournéz a Ville Vesiouse ou ilz se logoyent et estoyent tenuz toute la sayson, ilz regarderent qu’ilz envoyeroyent devers le roy de Portingal pour estre payéz de leurs gaiges. Sy y envoyerent tous generaulment le seigneur de Taillebor, un baron de la marche de Galles.

¶ Quant le seigneur de Taillebor fut venuz a Lusebonne et il ot parlé au roy et remonstré ce pourquoy il estoit la venuz, le roy respondy que follement deux foiz ilz avoient chevauchié oultre sa deffence, pourquoy ilz l’avoient courroucié et retargié leur payement, ne il ne pot adonc avoir autre chose ne autre responce.

¶ Le sire de Taillebor se party et retourna a ses compaignons et leur recorda la responce du roy, dont ilz furent tous courrouciéz.

¶ En celle propre sepmaine se party le conte de Cantebruge de Estremouse et s’en vint a Ville Vesiouse logier en une eglise de freres meneurs au dehors de la ville. Sy en orent les chevaliers angloys et gascoings grant joye.

¶ Entre ces chevaliers y avoit des petis compaignons qui ne pouoient pas attendre le longtaing payement du roy et distrent l’un a l’autre: "Nous sommes menéz merveilleusement, nous avons esté en ce paÿsja prés d’un an, et sy n’avons point eu d’argent. Il ne puet estre que nostre cappitaine n’en ait eu et receu, car jamaiz ne s’en feust souffert si longuement."

¶ Ces parolles et murmuracions monteplierent entr’eulx tellement qu’ilz dirent qu’ilz ne vouloyent plus souffrir cecy, et ordonnerent une journee entr’eulx de parler ensemble et d’estre en parlement en un moult bel moustier qui sciet au dehors de la Ville Vesiouse a l’opposite des Cordelliers ou le conte de Cantebruge estoit logiéz et dist le Chanoine de Robertsart qu’il y seroit, et au voir dire, bien y besoingnoit, car s’il n’y eust esté, la chose feust alee mauvaisement.

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Quant ce vint environ l’eure de tierce que tous furent la assembléz excepté le Chanoine de Robertsart, car encores n’y estoit il point venuz, messire Guillaume de Beauchamp, messire Mahieu de Gournay son oncle, le sire de Taillebor, messire Guillaume Helmon, et des Gascoings, le sire de la Barde, le sire de Chastel Neuf, le Souldich de l’Estarde et plusieurs autres, si commancierent a parler et a faire leur plainte l’un a l’autre, et la avoit un chevalier, bastart frere au roy d’Angleterre qui s’appelloit messire Jehan Soutree qui estoit plus tendres en ses parolles que nulz des autres, et disoit: "Le conte de Cantebruge nous a cy admenéz, et tous les jours nous adventurons et voulons adventurer noz vies pour luy et si retient noz gaiges. Je conseille que nous soyons tous d’une aliance et d’un accord et que nous eslevions de nous mesmes le pennon saint George et soyons amys a Dieu et annemis a tout le monde, autrement, se nous ne nous faysons craindre, nous n’aurons riens." pb 94 r

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